Le mécontentement gronde dans le Bas-Plateau Central, où des habitants exaspérés par l’inaction du gouvernement face à la montée de la violence armée ont décidé de faire entendre leur voix de manière spectaculaire. Mardi, des protestataires ont pris d’assaut la centrale hydroélectrique de Péligre, l’une des principales sources d’électricité du pays, et ont interrompu son fonctionnement en fermant toutes les turbines.
Selon plusieurs témoins, ce coup de force survient après une série d’attaques armées dans la région, perpétrées par des groupes criminels, sans que les autorités n’apportent de réponse adéquate. En guise de révolte, les manifestants ont également saccagé plusieurs pylônes électriques, les renversant sur la route nationale #3, perturbant ainsi l’acheminement du courant vers plusieurs départements, dont l’Ouest.
Les protestataires pointent du doigt l’inaction du gouvernement de facto, qu’ils accusent d’insensibilité et d’abandon. « On est livrés aux gangs, et l’État ne fait rien », déplore un habitant contacté par téléphone.
Ce mercredi matin, soit 24 heures après les événements, aucune déclaration officielle n’avait encore été faite par les autorités compétentes. En attendant, Port-au-Prince a passé la nuit dans l’obscurité, victime d’un black-out généralisé qui alimente davantage la frustration des citoyens.
Cette crise met en lumière l’extrême fragilité des infrastructures énergétiques d’Haïti, mais surtout l’exaspération d’une population qui estime avoir été abandonnée à son sort.
























