Tandis qu’Haïti s’enfonce dans une crise multidimensionnelle sans précédent — marquée par l’insécurité généralisée, l’effondrement du système éducatif, la défaillance des hôpitaux, et une famine rampante — l’État haïtien continue de consacrer des milliards de gourdes à un Parlement qui n’existe plus.
Selon les informations relayées par la Radio Télévision Caraïbes (RTVC), 3,5 milliards de gourdes figurent toujours au budget national pour financer le fonctionnement du Parlement, bien que celui-ci soit inopérant depuis plus d’un an. Cette somme comprend :
- 1,8 milliard pour la Chambre des députés, dissoute depuis 2020,
- 1,7 milliard pour un Sénat vidé de ses membres depuis janvier 2023.
Ces fonds publics servent à entretenir des locaux barricadés au Bicentenaire, zone désormais contrôlée par des gangs armés, et complètement abandonnée par les autorités. Aucun personnel parlementaire n’y travaille, aucune loi n’y est votée. Il s’agit, littéralement, de bâtiments fantômes soutenus par un budget bien réel.
Pendant ce temps, la population haïtienne vit dans des conditions de plus en plus intenables. Les écoles ferment par dizaines, les hôpitaux manquent de médicaments et de personnel, les familles fuient les zones de violence, et l’État peine à fournir les services de base.
Cette situation soulève des questions fondamentales de transparence et de responsabilité publique. Comment peut-on maintenir de telles affectations budgétaires dans un pays où chaque gourde devrait être utilisée pour sauver des vies, relancer l’économie et rétablir l’ordre ? La gestion actuelle des finances publiques est-elle moralement défendable ? Les citoyens, déjà accablés, réclament des réponses.
« Où va l’argent ? Au nom de qui agit-on ? Et jusqu’à quand cela va-t-il durer ? » interroge RTVC dans sa publication.
Alors que les appels à la reddition de comptes se multiplient, les institutions de contrôle et les dirigeants politiques sont désormais sous pression pour expliquer ces choix budgétaires et redéfinir les priorités d’un État au bord de l’effondrement.
























