Trois jours après la mort brutale de Zamy Wanderson, jeune influenceur de 19 ans fauché par une balle perdue, des dizaines de jeunes ont marché dans les rues de Delmas pour lui rendre hommage. Mais au-delà des bougies, des pancartes et des chants, cette marche n’était pas seulement un moment de recueillement : c’était un acte d’accusation contre un État qui trahit sa jeunesse.
Parti d’Escape Delmas 83 et arrivé devant le Ministère de l’Éducation nationale, le cortège a emprunté le chemin inverse d’un pouvoir muet. Car pendant que les marcheurs criaient « Justice pour Zamy », les autorités se terraient dans un silence coupable. Aucune sanction annoncée, aucun geste concret, aucune parole de compassion officielle. Comme si la mort d’un jeune, abattu devant le ministère censé protéger l’éducation et l’avenir, ne valait même pas une déclaration.
La mort de Zamy n’est pas une bavure isolée. Elle est le reflet d’un système où la violence est institutionnalisée, où les balles remplacent le dialogue, où les agents de sécurité deviennent bourreaux au lieu de protecteurs. Chaque fois que l’État garde le silence, il légitime la barbarie. Chaque fois qu’un crime reste impuni, il autorise le prochain.
Face à un État absent, la jeunesse haïtienne n’a plus qu’une arme : la rue. Et c’est ce qu’elle a choisi ce jeudi 21 août. Les pancartes, les cris et les pas silencieux des marcheurs résonnaient comme une réponse à l’inaction. Mais combien de marches faudra-t-il encore ? Combien de Zamy faudra-t-il sacrifier avant que les responsables politiques assument enfin leur devoir de protéger et d’éduquer ?
Zamy n’était pas seulement un influenceur apprécié sur les réseaux sociaux. Il devient désormais un symbole. Le symbole d’une jeunesse qui refuse d’être condamnée à la peur et à la mort, mais qui réclame le droit fondamental de vivre, d’apprendre, d’aimer et de rêver. Sa mémoire est un cri : un cri qui accuse l’État, un cri qui interpelle la société, un cri qui ne doit pas être étouffé.
























