Moins de 24 heures après la libération controversée de l’ancien sénateur des Nippes, Nenel Cassy, une nouvelle secousse frappe l’appareil judiciaire haïtien. Le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Frantz Monclair, qui avait ordonné cette libération, a été révoqué par le pouvoir intérimaire.
Il est remplacé par Guy Alexis, jusque-là commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets, transféré d’urgence pour occuper ce poste hautement stratégique au parquet de la capitale.
Mardi 19 août, Nenel Cassy, sanctionné par les États-Unis et le Canada pour complicité présumée avec les gangs armés, avait été libéré après audition par la DCPJ. La décision de Frantz Monclair avait provoqué une vague d’indignation dans l’opinion, alimentant les accusations de justice sélective et instrumentalisée.
Face à la pression, le gouvernement intérimaire a choisi de se débarrasser du magistrat, comme pour tenter de calmer la controverse. Mais ce revirement brutal soulève davantage de questions qu’il n’apporte de réponses : Monclair a-t-il été sacrifié pour protéger l’image du pouvoir, ou bien pour détourner l’attention des véritables complicités entre responsables politiques et réseaux criminels ?
Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre une fois de plus l’instabilité chronique de la justice haïtienne : un commissaire libère, un autre est nommé le lendemain, sans que la question de fond — les liens entre acteurs politiques et gangs — ne soit réellement abordée.
La révocation de Frantz Monclair ne dissipe pas le doute, elle le renforce. Elle confirme que, dans l’Haïti d’aujourd’hui, la justice fonctionne moins comme un pilier de l’État de droit que comme un instrument de règlements politiques.
























