Les États-Unis et le Panama ont proposé, lors d’une réunion tenue avec le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Organisation des États américains (OEA), la création d’une nouvelle mission internationale pour Haïti. Cette initiative vise à remplacer la Mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti (MSSMHaïti), dont les résultats peinent à répondre aux attentes de la population et de la communauté internationale.
Baptisée « Force de Suppression des gangs » (GSF), cette structure aurait pour mandat principal de combattre la criminalité armée et l’influence des groupes violents qui paralysent la capitale et plusieurs régions du pays.
Selon un document consulté par Radio Télé Métronome, Washington et Panama souhaitent également la mise en place d’un bureau de soutien de l’ONU en Haïti, chargé de financer et d’accompagner le fonctionnement de cette nouvelle force.
Depuis plusieurs années, Haïti vit sous la terreur des gangs qui contrôlent des quartiers entiers, s’attaquent aux institutions publiques et privées, et provoquent des déplacements massifs de populations.
- Plus de 4 800 personnes ont été tuées entre octobre 2024 et juillet 2025, selon les chiffres de l’ONU.
- Des milliers de familles vivent encore dans des abris de fortune après avoir fui les violences.
La MSSMHaïti, composée majoritairement de policiers kenyans et appuyée par d’autres contingents, avait été déployée pour stabiliser la situation. Cependant, faute de moyens suffisants, de coordination efficace et de soutien politique clair, sa capacité d’action reste limitée.
Avec la GSF, les États-Unis et le Panama espèrent impulser une dynamique plus robuste, avec un financement garanti et un mandat exclusivement centré sur la lutte contre les gangs.
- Acceptation locale : comment la population, déjà méfiante vis-à-vis des interventions étrangères, accueillera-t-elle cette nouvelle mission ?
- Souveraineté : certains acteurs politiques et organisations de la société civile craignent une nouvelle mise sous tutelle internationale d’Haïti.
- Efficacité : cette force aura-t-elle réellement les moyens militaires, logistiques et stratégiques pour affronter des gangs lourdement armés et profondément enracinés dans le tissu social et économique ?
La proposition sera débattue dans les prochains jours au Conseil de sécurité de l’ONU. Si elle est validée, la Force de Suppression des gangs (GSF) pourrait marquer un tournant dans l’approche internationale face à la crise haïtienne.
En attendant, la population reste dans l’incertitude, partagée entre l’espoir d’un retour à la sécurité et la crainte d’une répétition des échecs passés.
























