Alors que son visa américain vient tout juste d’être révoqué, Me André Michel, figure controversée de la scène politique haïtienne, choisit ce moment précis pour annoncer sa candidature à la présidence. Une manœuvre qui soulève plus de scepticisme que d’enthousiasme dans une opinion publique lassée des promesses creuses et des politiciens en mal de légitimité.
L’ironie est flagrante : interdit d’entrer sur le territoire américain — pays allié stratégique dans le dossier haïtien — Me Michel clame vouloir restaurer la souveraineté nationale et éliminer les gangs armés, alors qu’il fut lui-même l’un des acteurs les plus ambigus des dernières années. De sa participation bruyante dans l’opposition radicale à son entrée discrète dans les cercles du pouvoir, l’homme a souvent navigué entre dénonciation populiste et compromission politique.
Que dire de cette promesse soudaine de combattre les gangs, quand le silence de Me Michel sur certaines alliances douteuses avec des acteurs violents du paysage haïtien a été si assourdissant ? Peut-on vraiment croire à sa volonté de “sécurité” quand il a fermé les yeux sur tant d’épisodes sanglants pour des calculs politiques ?
Plus grave encore, son visa n’a pas été annulé par hasard. Selon plusieurs sources diplomatiques, cette mesure viserait un groupe de politiciens considérés comme problématiques ou corrompus. Même si la raison exacte de cette révocation reste floue, elle jette une ombre sur la crédibilité de sa candidature. Car qui peut sérieusement briguer la magistrature suprême tout en étant persona non grata auprès des partenaires internationaux clés d’Haïti ?
En somme, Me André Michel semble vouloir se réinventer en pourfendeur de gangs et en défenseur de la souveraineté, alors qu’il traîne les casseroles d’un parcours politique marqué par l’incohérence, l’opportunisme et une perte progressive de capital moral.
Haïti mérite mieux que des slogans tapageurs, des candidats sous sanctions et des ambitions déconnectées de la réalité. L’heure est à la rigueur, à la transparence et à la crédibilité. Trois mots qui, jusqu’ici, ne définissent pas le profil de Me André Michel.
























