La commune de Carrefour s’est réveillée ce matin dans un climat d’anxiété et de paralysie totale, alors qu’une manifestation annoncée par Krisla, chef de gang notoire de Ti Bwa et membre influent de la coalition armée Viv Ansanm, provoque un véritable arrêt de la vie quotidienne bien avant l’heure prévue de la mobilisation.
Dès les premières heures de la journée, l’impact de l’annonce s’est fait sentir : banques, écoles, supermarchés et marchés communautaires ont tous fermé leurs portes, laissant les rues presque désertes et les services essentiels inaccessibles. Le transport en commun est entièrement suspendu, forçant les habitants à se déplacer à pied dans des rues silencieuses, marquées par la peur et l’incertitude.
« Quiconque veut quitter Carrefour ce matin devra marcher », rapporte MédiaLibreHaïti dans un tweet documentant la situation.
Sur les artères principales, seules quelques motos circulent timidement, tandis que certains piétons s’aventurent prudemment à travers les intersections. Une scène qui illustre la puissance de l’emprise que ces groupes armés exercent sur des zones entières du pays, en l’absence d’une réponse ferme et cohérente des autorités.
L’appel à la mobilisation lancé par Krisla, prévu pour 10 heures, s’apparente à une véritable démonstration de force. L’effet de paralysie s’est enclenché dès l’aube, confirmant que même une simple annonce suffit à plonger toute une commune dans la torpeur. Le message envoyé est clair : les gangs ont non seulement les armes, mais aussi la capacité de bloquer la vie économique et sociale sans avoir à tirer un seul coup de feu.
Cette situation soulève une nouvelle fois la question centrale de l’autorité de l’État en Haïti, particulièrement dans des zones urbaines où la loi semble dictée par des chefs de gang. La population, prise en otage entre peur, silence et résignation, vit au rythme des ordres de groupes criminels de plus en plus organisés, et parfois même perçus comme plus influents que les autorités locales.
« Tout est fermé… c’est comme si la ville avait reçu un ordre de couvre-feu sans que l’État ne dise un mot », témoigne un habitant de Bizoton, visiblement inquiet.
Face à cette réalité glaçante, nombreux sont ceux qui appellent à un sursaut des pouvoirs publics, mais aussi de la communauté internationale, pour éviter que le silence ne se transforme en normalité. Les appels à l’aide se multiplient, mais la situation à Carrefour ce matin démontre qu’en l’absence d’une réponse ferme, les gangs continueront d’imposer leur loi, de semer la peur et de dicter le quotidien de millions d’Haïtiens.
























