Ouanaminthe, 8 avril 2025 – Dans un contexte migratoire de plus en plus tendu entre Haïti et la République dominicaine, plus de 600 migrants haïtiens sont retournés volontairement en Haïti au cours des dernières 48 heures, selon plusieurs médias dominicains.
Ce mouvement de retour s’est effectué principalement par le point frontalier d’Ouanaminthe, dans le nord-est d’Haïti. Il intervient après une intensification des patrouilles d’immigration par les autorités dominicaines, qui ont multiplié les opérations de contrôle ces derniers jours, en particulier dans les zones urbaines à forte concentration haïtienne.
Un climat d’insécurité et de crainte
Selon des témoignages recueillis par la presse dominicaine, plusieurs migrants ont pris la décision de quitter volontairement le territoire voisin par peur d’être arrêtés, détenus ou déportés dans des conditions dégradantes. Ces retours s’inscrivent dans un climat de forte pression et de stigmatisation à l’encontre des ressortissants haïtiens, exacerbée par la crise sécuritaire persistante en Haïti.
De nombreux Haïtiens se retrouvent ainsi dans une impasse : vivre dans la peur constante d’une expulsion brutale ou revenir dans un pays en proie à une violence endémique et à une instabilité institutionnelle.
Une politique migratoire de plus en plus dure
Depuis plusieurs mois, le gouvernement dominicain a durci ses mesures contre l’immigration illégale, ciblant en priorité les ressortissants haïtiens. Des milliers de personnes ont été interpellées et reconduites à la frontière dans des conditions souvent dénoncées par des organisations de défense des droits humains.
Les autorités dominicaines affirment vouloir « protéger la souveraineté de leur territoire », mais les méthodes employées sont critiquées pour leur brutalité et leur manque d’humanité, notamment vis-à-vis des femmes enceintes, des enfants et des travailleurs saisonniers.
Une urgence humanitaire silencieuse
Alors qu’Haïti fait face à une crise humanitaire sans précédent, ce retour massif de migrants volontaires ou forcés pose un défi supplémentaire pour les autorités haïtiennes et les organisations présentes sur le terrain. Ces retours se font dans un contexte d’absence de structures d’accueil, avec peu ou pas de soutien pour les migrants fraîchement revenus.
Plus qu’un simple fait divers, cet épisode souligne la fragilité croissante des Haïtiens en déplacement, pris entre deux États où leurs droits fondamentaux semblent chaque jour davantage remis en question.
























